Greffe en incrustation


Comme tous types de greffe horticole, la greffe en incrustation a ses avantages et ses inconvénients. En quoi consiste-t-elle, et comment la réaliser au mieux ?

Qu’est ce que la greffe en incrustation ?

Egalement appelée greffe en V, ou greffe en triangle, elle se caractérise par la découpe d’une fente triangulaire dans le porte-greffe. Plus large qu’une simple coupe droite, son plus grand avantage est de permettre une meilleure prise du greffon. En effet, si la coupe en triangle est assez précise pour épouser correctement la branche à greffer, il n’y aura pas d’espace vide entre les deux, et le traumatisme du porte-greffe en sera largement minimisé.

Sur quel type d’arbre la pratiquer ?

Ce type de greffe peut être effectué sur une majorité de plantes. Il est particulièrement conseillé pour les arbres fruitiers à noyaux : une découpe bien réalisée rend les parties de la plaie mal cicatrisées peu accessibles aux écoulements de gomme.

Quand la réaliser ?

Pour la plupart des espèces, la greffe en incrustation se fait en mars-avril ; elle est néanmoins réalisable sur les pruniers et cerisiers en septembre. Une fois votre arbre choisi, et la période arrivée, comment s’y prendre, et quel matériel utiliser ?

La greffe en incrustation nécessite de la précision et quelquefois de nombreux essais avant d’être fructueuse, mais ses résultats sont bien plus satisfaisants que ceux de la greffe en fente. Voici quelques conseils pratiques pour réussir vos greffes en incrustation en un tour de main.

Réaliser une greffe en incrustation

Matériel :

  • Un greffoir
  • Un sécateur
  • Mastic à greffer
  • Cordelette ou raphia

Le porte-greffe doit être choisi avec soin : son diamètre ne doit pas excéder 3 centimètres. Coupez proprement sa tête au sécateur, puis nettoyez-la d’éventuelles esquilles. Pratiquez deux coupes en longueur pour former un triangle étroit. Son point le plus profond ne doit pas atteindre le centre de la branche. Le greffon doit être débarrassé de ses feuilles, et 3 yeux doivent être laissés sur la branche. N’en choisissez pas l’extrémité, trop fragile : coupez bien les deux extrémités de la branche pour obtenir un greffon court. Découpez sa base en sifflet au greffoir, de façon nette. N’oubliez pas que cette forme devra épouser cette réalisée dans le porte-greffe ! Glissez ensuite le greffon dans la fente : s’il ne s’y adapte pas parfaitement, retaillez la fente jusqu’à obtenir une belle unité au niveau des écorces. Une greffe en incrustation bien réalisée montrera un greffon qui tient en place tout seul sur son porte-greffe. Une fois le greffon inséré, ligaturez avec une cordelette ou du raphia, en serrant bien. Votre greffe est correctement ligaturée ? Très bien ! Vous pouvez passer au mastic. En utilisant une spatule ou une petite branche, recouvrez la zone de contact afin de la protéger. Sous la couche formée, l’arbre cicatrisera plus vite. Vous pouvez également mastiquer l’extrémité du greffon.

Le suivi

Vous verrez apparaître, quelques semaines plus tard, des pousses feuillues au niveau des trois yeux laissés. A ce moment, veillez à la bonne tenue du mastic cicatrisant : si la liaison s’est bien faite, elle est néanmoins encore fragile ! Une bonne surveillance de la santé de votre greffon vous garantira une belle prise saine.

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